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Poker : de nouvelles variantes autorisées

Décidément, le poker en ligne est gâté : dans les prochaines semaines, le marché va évoluer davantage que ces six dernières années ! En effet, le décret n° 2016-1326 autorise les joueurs français à jouer à plusieurs autres formes de poker que celles qui étaient admises jusqu'alors. Depuis juin 2010, date de l'ouverture du marché dans l'Hexagone, seuls le Texas Hold'em (le poker le plus connu, celui que l'on voit à la télévision) et l'Omaha (sa variante à quatre cartes) sont autorisés en argent réel. Cette restriction, ajoutée au cloisonnement des joueurs, était la source d'un large mécontentement. Une restriction d'autant plus difficile à admettre qu'elle ne semblait reposer sur aucune raison légitime.

Plusieurs variantes viennent donc d'être autorisées et pourront être proposées par les opérateurs dans un avenir proche : l'Omaha Hi-Low, l'Omaha à 5 cartes, le Stud et ses dérivés (y compris le Razz), le 2-7 Triple Draw Lowball. On peut s'étonner que le 5-card Draw, ce poker de western, un grand classique, ne figure pas dans la liste. Mais il s'agit donc évidemment d'une bonne nouvelle qui, à n'en pas douter, sera largement saluée par les joueurs. C'est aussi une victoire pour l'Arjel (l'Autorité de régulation des jeux en ligne) qui plaide pour cet élargissement depuis de nombreuses années. Techniquement, les opérateurs sont prêts à déployer de nouvelles tables dans des délais très courts. PokerStars propose déjà ces variantes dans plusieurs pays. PMU et Unibet font partie d'un réseau international où l'offre est disponible et prête à être lancée en France, et tout est déjà prévu chez Winamax, qui a le doigt sur la gâchette.

Des conséquences surestimées

Pour autant, cette avancée n'aura pas l'impact espéré. Tout d'abord l'Arjel – dont l'une des fonctions est de défendre l'offre légale de jeu – a toujours surestimé l'influence de ces variantes. Elle pense que l'interdiction incite des joueurs à se tourner vers une offre illégale, moins restrictive. Mais si des joueurs ont préféré utiliser des sites interdits ou migrer à l'étranger, c'est surtout du côté de la fiscalité qu'il faut regarder. Par conséquent, il ne faut pas s'attendre à un retour des joueurs partis.

Mais la plus grosse erreur serait d'imaginer que cet élargissement de l'offre de jeu avec de nouvelles variantes va rebooster le marché sclérosé du poker. En effet, les variantes en question ne concernent qu'une très petite partie du marché du poker existant. En outre, plus obscures et plus complexes, elles n'ont presque aucune capacité à recruter de nouveaux joueurs.

Moins de 5 % des joueurs

Pour s'en convaincre, allons chercher sur le « .com », là où l'offre de jeu ne connaît aucune restriction, et où l'on peut donc mesurer la part des variantes. Lors des championnats du monde de poker en ligne (WCOOP) de 2016, sur les 82 tournois proposés, 60 étaient en Hold'em ou Omaha, les variantes déjà autorisées. Et si l'on regarde de plus près, c'est encore plus édifiant. Sur l'ensemble des entrées enregistrées (un joueur pouvant prendre part à plusieurs tournois), moins de 5 % des joueurs se sont tournés vers des variantes concernées par cette réforme. Du point de vue « business », cela représente seulement 6 % du volume des mises.

Et si l'on veut aller encore plus loin, on peut se dire que ces proportions risquent d'être encore plus faibles en France, après six ans de privation, avec des joueurs pas ou peu éduqués à ces variantes. Il est donc parfaitement illusoire d'imaginer que ce décret va redonner un nouvel élan au marché. Après l'engouement de l'effet d'annonce, le soufflé va vite retomber. Toutefois, ne boudons pas notre plaisir. Il est vrai que cette décision – même tardive – va dans la bonne direction. Et couplée à l'annonce du décloisonnement survenue il y a quelques semaines, elle promet des jours meilleurs aux joueurs et aux opérateurs. Il était temps…

Source : LePoint

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